Unknown Precept

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Né en 2013 à Paris, le label Unknown Precept, orchestré par l’ami Jules Peter se forge depuis deux ans une réputation forte dans la sphère électronique.
Empreint de choix radicaux (autant graphiques que sonores) et d’une volonté sans détour de proposer un son innovant, cette nouvelle succursale berlinoise méritait une mise en lumière.
Une tournée, deux cassettes et quelques disques plus tard, nous adressons quelque questions à la tête pensante de ce label en pleine ascension :

 

On trouve peu ou pas d’interview(s) de toi sur Internet, est-ce un choix ? Pourrais-tu te présenter et tenter de nous expliquer le parcours d’Unknown Precept ?

Ce n’est pas nécessairement un choix mais oui, je suis d’une nature discrète. Je m’appelle Jules, né en France il n’y a pas si longtemps et aujourd’hui basé à Berlin.
L’idée de monter un label n’était pas une fin en soi, plutôt une sorte de remède pour sortir de la morosité de l’école et puis par simple nécéssité de travailler sur du concrêt. Il était à l’époque question de réunir des contributions écrites et/ou visuelles de différents artistes et musiciens. Il s’est passé tout l’inverse, le fanzine est mort-né et j’ai construit la compilation autour des quelques personnes qui m’ont fait confiance sans me connaître ; l’engouement autour du projet s’est occupé du reste. Je ne connaissais rien de la gestion d’un label à l’époque. J’ai du apprendre sur le tas et tout mettre à plat une fois la compilation sortie. J’ai passé une année à essayer de définir où je voulais vraiment en venir avec ce qui n’était plus qu’un simple disque, mais un label.

 

Toutes les sorties Unknown Precept (qui ont suivi The Black Ideal) mettent en avant une nouvelle génération de producteurs, peu ou pas connus du grand public.
Après une première compilation réunissant des artistes aussi « imposants » qu’Ancient Methods, AnD ou Shifted, comment tu t’y es pris ?

Je pense que la mission première d’un label c’est avant-tout d’apporter quelque chose de nouveau. J’essaye d’éviter autant que possible d’imiter ces labels qui récupèrent leurs artistes chez les autres. Je ne ai rien contre, mais le processus ne m’intéresse tout simplement pas. Il est primordial que chaque sortie reste un défi en soit, et le jour où gérer Unknown Precept sera une promenade de santé, il sera temps d’arrêter. Concrètement, produire un newcomer en 2015 est un pari risqué dans la mesure où les gens suivent aveuglément les dictats de la presse musicale sans trop chercher à s’investir ailleurs et il est parfois très difficile de montrer que ce que l’on fait est autant, si ce n’est pas plus, intéressant qu’un artiste dont tout le monde parle.

Comment déniches-tu ces producteurs ? On lit une grande cohérence dans la sélection des artistes du label, une sorte de famille
.

Internet est un outil formidable pour entrer en relation avec des gens qui partagent la même vision que toi. Parfois, c’est au détour d’une rencontre que l’on tisse des liens avec quelqu’un ; c’est assez aléatoire. Je vois vraiment le label comme une famille qui ne cesse de grandir et c’est certainement l’une des choses qui me tient le plus à cœur dans la gestion du label, c’est bien plus stimulant de travailler de cette manière. Certains voient, à tort, Unknown Precept comme une sorte de tremplin mais une fois la première sortie publiée, mais il est à mon sens primordial de faire fructifier cette collaboration sur le long-terme. Je ne suis pas uniquement là pour dénicher des talents et les offrir à d’autres sur un plateau d’argent, c’est donnant-donnant.

 

 

… d’où l’initiative de la tournée Unknown Precept ? Comment ça s’organise, une série de dates pareille (avec un gang pareil) ?

Je dois avouer que l’idée s’est plus ou moins imposée d’elle même. Je n’ai pas nécessairement le temps (ni l’envie d’ailleurs) d’organiser des évènements de manière récurrente ; outre l’aspect financier, c’est beaucoup de travail et du coup c’était plus intéressant pour moi d’offrir au public la possibilité de se confronter à plusieurs artistes du label dans la même soirée, surtout que la plupart ne vivent pas en Europe — aller à la rencontre de tous ces gens qui suivent le projet de près comme de loin, et leur montrer de quel bois on se chauffe… finalement, c’était tout autant de travail, si ce n’est pas plus, et la logistique s’est avérée être un véritable gouffre financier mais je dois dire que l’on s’est bien amusés… c’était plus ou moins le but de cette tournée.

 

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Il me semble logique de proposer la musique d’Unknown Precept en live.
La scène noise et analogique d’où sont issus Maoupa Mazzocchetti, Profligate et Nick Klein se veut physique, instantanée. Quelles sont tes influences de ce côtés là ?

Comme la majeur partie des gens de mon âge, Internet m’a permis d’explorer un maximum de choses en un temps record, bon comme mauvais. Je m’efforce d’insuffler cette sorte d’instantanéité dans le label, de trouver des artistes qui pensent performance et s’efforcent de figer ce moment ensuite, avant de passer à autre chose. Beaucoup de producteurs actuels sont avant tout des DJs avertis qui utilisent les mêmes codes sans réellement chercher à sortir du cadre et proposer une alternative, et ce qui me plaît avec la scène analogique c’est qu’elle ne s’est jamais réellement enfermée dans un carcan et peut s’autoriser toutes les digressions possibles. Je suis fasciné depuis longtemps par cette approche brute et frontale, sans artifices. Il est difficile de dire ce qui se démarque le plus, le courant industriel m’a certainement ouvert les yeux, mais aussi toute la vague Bunker et une majeur partie de la scène expérimentale américaine.

 

 

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Trois ans ont passé depuis la première sortie, tu as déménagé à Berlin, tu publies ce mois-ci la sixième sortie vinyle du label : ton regard et tes objectifs ont-ils changé après tout ce temps ?

Je ne pense pas que mes objectifs aient particulièrement changés, du moins les grandes lignes sont toujours les mêmes ; de plus en plus de gens me disent qu’ils sont marqués tant par l’identité visuelle que sonore, et je suis vraiment content d’en être arrivé à ce stade. Unknown Precept s’est affirmé avec le temps, on lui confère une singularité qui lui est propre et c’est ce qui m’importe le plus. Question bilan, il est en demi-teinte — positif, d’une part, car je suis désormais à même de sortir plusieurs disques par an, beaucoup de gens ont entendu parler du label et cela contribue à créer un environnement très stimulant. Il est également négatif dans la mesure où certains artistes entretiennent désormais une certaine distance avec le label. J’ai du mal à saisir cette nérvosité qu’ont les artistes qui démarrent, cette envie d’aller plus loin, toujours plus vite, quitte à mettre de côté ceux qui vous ont permi d’exister musicalement.

 

On voit dans ton catalogue, et chez des labels comme PRR! PRR! ou des artistes comme Low Jack et Powell, une envie de décomplexer/déstructurer une musique souvent trop sombre et sérieuse ; aller à l’essentiel : la jam, laisser parler les machines, créer de nouveaux codes — est-ce là le but d’Unknown Precept ?

Il est plus que jamais nécéssaire d’entretenir un rapport simple avec la musique ; aujourd’hui la tendance est à la collection et cela peut parfois devenir contre-productif, comme une vision tronquée de ce qu’est la création musicale contemporaine — s’inspirer du passé en est un élément essentiel, mais il impératif d’aller plus loin. Je fonctionne comme cela, du moins créativement parlant. Globalement, et les gens l’ont bien compris, dès lors que l’on commence à esthétiser à outrance et/ou à intellectualiser quelque chose qui fonctionnait très bien sans jusque là, c’est qu’il est temps de passer à autre chose. Unknown Precept joue avec cette notion de grotesque — c’est à la fois sombre, industriel, mais d’un autre côté le label intègre une donnée d’absurde — on frise parfois le ridicule d’un point de vue musical — et c’est quelque chose qui, à mon sens, manque cruellement dans la musique actuelle.

 

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Tu es assez jeune et ta direction artistique semble pourtant très mûrie. Peut-on s’attendre à des tournants dans l’esthétique du label ? As-tu des projets autres que sonores ?
Tu avais développé l’idée d’un fanzine en lien avec ta première sortie…

Il est assez difficile de dire dans quelle direction va s’orienter le label ; l’objectif principal reste de me surprendre moi-même, tout en essayant tant bien que mal de conserver une certaine forme de cohésion entre mes sorties, de donner la priorité à mes artistes en terme de sorties, tout en cherchant de nouvelles personnes avec qui collaborer pour faire vivre le label — partir dans tous les sens, c’est facile, le plus compliqué c’est de se faire violence et d’insufler du sens dans ce que l’on fait, aussi abstrait que cela puisse paraître. Je vais m’en tenir à la production musicale pour l’instant, l’écrit prend énormément de temps et j’ai vu naître d’excellents projets ce qui ne justifie plus tellement d’en créer un soi-même. Quoiqu’il en soit, le son Unknown Precept risque de muter dans les années à venir, tout est possible. Qui sait, le label pourrait même cesser brusquement d’exister… ou continuer son ascencion.

 

 

« Unknown Precept en 2016, c’est… » ?

Il est probable que Nick Klein et Maoupa Mazzocchetti fassent leur retour sur le label mais rien n’est moins sûr, les deux sont pour l’instant tenus par d’autres projets et rien de concret n’a encore été évoqué — dans l’immédiat deux cassettes sont à paraître d’ici la fin de l’année, respectivement de IXVLF et Eindkrak qui signent ici leur premières sorties. Je travaille actuellement avec les copains Bugaled et Air LQD sur des sorties vinyles pour le début de l’année prochaine et également sur une série de minicompilations que j’aimerai mettre sur pied rapidement… certainement d’autres choses, mais il est encore un peu tôt pour annoncer quoique ce soit. Globalement, un rhythme plus soutenu, de nouveaux producteurs, du vinyle, des cassettes, affaire à suivre, donc.

 

Liens UP :
unknownprecept.com
soundcloud.com/unknownprecept
www.facebook.com/unknownprecept/
unknownprecept.bandcamp.com/

 

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