Sigha – Living with ghosts [HFCD009]

26 avril 1986, Tchernobyl. Mirror aurait pu être l’enregistrement sonore du souffle atomique qu’a vécu la triste ukrainienne : entre craquements et drones ont distinguerait presque l’alarme continue et plaintive de la centrale mais il est déjà trop tard. Ne reste après cette longue minute qu’un no man’s land hostile que dépeint avec patience Sigha.

Ce qui fait la force de Living With Ghosts : un schéma similaire sur la quasi-totalité des tracks et cette volonté omniprésente d’absorption de l’auditeur. Ici tout est sombre.
D’un trip à l’autre, le kick martèle un rythme effréné ou au contraire faussement humain (la cadence cardiaque et claustrophobe de Translate). Noyade progressive dans la noirceur d’une techno primaire basée sur l’amplification continue : toujours plus, toujours plus loin, Sigha empreinte à O’Connor une linéarité redoutable s’affirmant au fil des secondes.

Ce travail sur une techno inhumaine et dépourvue de chaleur, on l’a déjà rencontré maintes fois, la nuance ici c’est cette panoplie de sensations malgré le champ réduit de sonorités. Entendons par là que Sigha se fait conteur moderne en alternant pure violence mécanique et montées quasi-mélancoliques. Ce tout constitué de kicks puissants, drones, synthés industriels s’avèrent éprouvant pour le tympan et l’esprit, dévoilant la paradoxale qualité de cet album : la répétition maladive.

On retiendra comme titres phares un Scene Couple dévastateur, la faune électronique de Faith & Labour, l’étrange plénitude de She Kills in Extasy et l’outro du périple : la sublime Aokigahara.

Plonger dans l’ensemble de ces pièces n’est pas nécessaire, chacune fonctionnant individuellement.
L’album se découvre dans un sens comme dans un autre sans narrer une quelconque histoire, Sigha expose sous forme de clichés sonores un aperçu d’une Terre sans humanité dans toute sa rudesse comme son calme mortel.

Nous vivons une époque de révolution tant sur le plan technologique qu’idéologique et il est plaisant de prendre du recul sur ce que nous fournissent les producteurs techno aujourd’hui : les sonorités d’un futur noir. Jamais la musique électronique n’avait été aussi intelligemment violente et capable de provoquer sentiments et pensées, attention cependant à ne pas tomber dans une techno uniquement bouchère quand il s’agit de longs formats, l’amas croissant d’EPs étant déjà là pour nous faire danser.

GB.

Le

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