Kerridge – A Fallen Empire [Downwards]

Samuel Kerridge ne brosse pas son auditeur dans le sens du poil. Et pourtant écouter ses morceaux s’avère fascinant : ses compositions oscillent entre de longues plages extatiques et de purs morceaux de violence sonore au ralenti. Une sorte de bloc de granit giflé d’éclairs de pure beauté. On en viendrait presque à citer du Wilde “nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles”.

 

Révélé par son Auris Interna Ep (Horizontal Ground, 2012) (cf In and Out) Samuel Kerridge a su interpeller l’oreille de Karl O’Connor, et signe en 2013 sur Downwards deux ep’s ainsi que l’album A Fallen Empire qui nous intéresse ici. Il a par ailleurs co-fondé les remarquées soirées Contort à Berlin, où il invite la crème de la techno expérimentale pour des évènements sortant du format club. Une sorte de cave secrète pour perchés aventureux au fond du club de l’underground techno mondiale. Un refuge pour ceux qui ne conçoivent la techno sans un passage par la case cerveau.

 

Pour le dire franchement, A Fallen Empire (sorti le 15 novembre 2013) n’est pas d’une écoute facile. Aucun tube 4/4 et des morceaux souvent à la limite du crispant, il faut s’accrocher pour percevoir tout l’intérêt de cette expérimentation sonore qui fouille le répertoire d’une darkness émotionnelle jusqu’au boutiste. Malgré tout, cet album fascine de bout en bout. Parce qu’il est habité, parce qu’on entend rarement une noirceur d’une telle profondeur -ces subs !- et d’un tel grain. La posture est hardcore et malsaine tout en distillant une étrange beauté. Le terme de dystopie colle parfaitement à cet univers cauchemardesque, tant brutal que raffiné.

 

Chant ouvre le bal par une plainte désolée, perdue sur une nappe de basse continue que l’on croirait échappée d’une lamasserie tibétaine, secouée par intervalles d’un tremblement tellurique d’infrabasses. Black Sun prolonge le rituel, entremêlant un field recording de prière orientale avec un lit de saturation grave. L’excursion emprunte par la suite les sentiers du désespoir le plus complet : l’attente pleine d’angoisse suspendue (Death is upon us), une ambiance drone malmenée par des broken beats métalliques (Straight to Hell), l’horreur sans nom en slow motion (Scare Tactics), ou encore l’incursion doomcore sur Heavy Metal. L’excursion culmine dans l’épileptique Disgust, un concassage frénétique de kicks voué à régler son compte à la famille techno. Pure violence rentrée, l’esthétique en plus. Le tout n’est pas sans rappeler les ambiances glauques de la drum’n'bass de la fin des années 90 dans la veine Ed Rush, hormis le tempo, indeed*.

 

A Fallen Empire reste une expérience dont on ne ressort pas indemne.

*cf l’excellente review de Fallen Empire sur The Quietus par Harry Sword.

Le

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