Dimensions Festival 2013


On vous avait vendu les qualités du Dimensions Festival dont tout le monde parle il y a de ça quelques semaines, pas radin sur les éloges, on y croyait vraiment à ce “coin de paradis” et…

 

L’aventure commence pour nous là ou elle se termine pour d’autres. On est accueilli par des nuées d’anglais ivres à 6 heures du matin, derniers survivants de l’Outlook Festival, on les voit abandonner lentement leur campement laissant tout en place, un sourire flottant sur les lèvres. Ils ont tous un air étrangement léger, on comprendra plus tard pourquoi. L’an passé, la première édition du Dimensions Festival a beaucoup fait parler d’elle. Leur communication, à grands coups de photos “coucher de soleil Instagram” n’est pas mensongère. On se rend vite compte que le cadre est réellement incroyable : tout un bout de côte réquisitionné dans un seul but, l’amour de la musique électronique et les dividendes qu’elle peut générer. Nous allons essayer de vous parler de cette nouvelle édition, en essayant de garder notre calme. Mais autant le dire tout de suite : si ce n’est pas le meilleur festival du monde, le Dimensions en fait facilement parti. De nos premiers pas sur ce lieu idyllique à notre sortie frissonnante, le Dimensions Festival édition 2013 nous a fait rêver.

 

Dimensions, c’est déjà une affiche phénoménale, pointue et variée, suintant l’amour de la musique électronique et même plus loin encore. Forcément, ça ramène un public au diapason, capable de kiffer un gros reggae ou du Marvin Gaye à la Beach Party au coucher du soleil et de la grosse techno de hangar à 4 heures du matin, en passant par toutes les nuances de la house la plus pure.

 

Dimensions, c’est un (gros) son. Avec probablement l’une des meilleures sono du monde, assurée par Void accoustics (à part la scène reggae au sound system DIY of course), les choses sont en place pour s’en prendre plein la gueule et les oreilles. Quand on ajoute l’appétence des organisateurs anglais pour les grosses basses (ils disent “beefy sound“) on prend la mesure du bazar. Je n’avais jamais vu une telle dose de subs dans les sets up. Enfin le niveau sonore. En Croatie, c’est pas des lopettes bridées à 115 db. On tape plus dans le 150. L’un de nous a réussi à se demander si c’est bien raisonnable quand tout le corps vibre à ce point mais il était bien le seul à se poser la question.

 

Dimensions, c’est un public à l’image de l’Europe, ça vient de partout, d’Angleterre surtout of course, d’Allemagne, de France (enfin de Bretagne quoi) et un peu de Croatie. Pas mal de hipsters, mais des hipsters en maillots de bain (pas du pédant à 2 francs), et surtout un contingent phénoménal de meufs de l’hyperespace, méchamment belles et toutes tatouées, en bikini all day (et parfois all night aussi) long. Bon, y’avait aussi de la tasspé anglaise aux goûts discutables (les couleurs et les paillettes, avec mesure et tact) mais quand tout ce monde groove sur un gros Ron Hardy balancé par Rick Wilhite, tu ne peux que dégager de l’amour inconditionnel à tous ceux qui t’entourent.

 

Enfin, un lieu : un camping entouré de plages, tout est accessible à pieds (même la supérette à binouzes), des beach parties sur un sound system reggae, un fort abandonné superbe et fort bien mis en valeurs (éclairages…), une taille d’événement parfaite (jamais, nous nous sommes senti oppressé, chose rare dans ce genre d’événement, car il s’agit bien ici, et ce malgré un line up intergalactique, d’un “petit” festival, d’un festival à taille humaine). Pour terminer : Souvent approximative ailleurs, la logistique est ici réellement bien pensée, du système de jeton “Tokens” à l’agencement des scènes, aux équipes de sécurité jusqu’au prix unique de la nourriture sur tout le festival, on a strictement rien à redire.

 

Jeudi :

 

Rentrons un peu plus dans les détails. Motivé par les solides productions de Trevino, notre Dimensions s’ouvre sur son set dans sur une des deux plus grosses scènes The Clearing. Le son est bien réglé, le public prend rapidement possession des lieux et déjà, un air d’hédonisme sans limite flotte dans l’air, Trevino fait le travail entre nappes atmosphériques et synthés plus caverneux. Model 500 arrive juste après et on prend alors conscience de la qualité du line up proposé. Le live fait son effet entre instru hip-hop rétro-futuriste et drums historiques. Juan Atkins et son groupe séduisent à grands coups de We love you Croatia, Detroit. Musicalement parlant très aboutie, leur performance restera l’une des meilleurs live acts que nous avons eu l’occasion de voir durant le festival.

 

Les lignes qui vont suivrent vont vous raconter The Moat, la stage la plus éprouvante du Dimensions, située dans les douves du fort, équipée d’un système son effrayant et d’un line up encore plus effrayant. On y a vu les meilleurs sets et vécu nos meilleurs moments. The Moat, notre désormais nouvelle maison. Notre premier contact s’effectue via les sets consécutif de Pangea, de Pearson Sound puis de Ben UFO : une introduction dans la douve pour séduire, 3 très bons sets avec tout de même une mention spéciale pour l’acid tripée de Pearson Sound et l’excellente sélection de Ben UFO.

 

Pendant ce temps, Derrick May tape dur au Clearing et ne laisse que très peu de répit aux spectateurs. Fidèle à lui même, éclectique dans sa sélection mais d’une redoutable efficacité, il frappe nos tempes d’un rythme continu, bientôt étourdi. Un rapide détour pour voir le set de Dixon dans le fort nous fera comprendre que sa réputation de conteur d’histoire n’est pas usurpée. Sans être transcendant, le co-fondateur du label Innervisions nous enchante mais c’est épuisés par une première soirée aux allures d’accostage que nous courront vers notre campement.

 

Vendredi :

 

L’épopée musicale du vendredi commence les pieds dans l’eau avec le Beach Takeover de Mr Scruff et Floating Points. Tous les styles musicaux y passent, le MC ambiance ; on retiendra le Sexual Healing dropé sur fond de soleil couchant + le public qui s’époumone + l’eau à 20 degrés. La journée commence idéalement et discrètement, nous rêvons d’un été infini avec Floating Points aux manettes. Mais le bonheur nous attend déjà dans le fort et précisément dans notre douve. Il est 20 heures et San Soda s’apprête à livrer un set de folie furieuse. On l’avait vu à About Blank l’an passé et autant dire qu’on l’attendait de pied ferme. Comment décrire un tel tremblement de terre : il est 20 heures rappelons-le, Jack Your Big Booty de Jody Finch ricoche sur les parois en pierre du fort, nos vêtements tombent bientôt à terre. Rarement, un DJ a autant maîtrisé son public, de bombes acid en tubes italodisco, San Soda continue méthodiquement son oeuvre de démolition de dancefloor ; Hypnotic Tango nous fait l’effet d’un ovni et nos sens s’émoussent, on ressort de là une heure plus tard avec la sensation d’avoir vécu une semaine de teknival en basse Bretagne. Cure de sourire et de joie de vivre.

 

Midland nous berce ensuite dans la Fort Arena 1, une scène plus large mais pratiquement aussi intimiste. Avec un set épuré et efficace, il maintient la pression pendant que John Heckle enterre le restant d’humanité du public resté dans The Moat.

 

Une courte pause plus tard, on court voir Bicep, curieux de voir le duo anglais qui a affolé la scène internationale l’année passée. Avec un set dérivant lentement d’une deep house nerveuse vers une forme de techno acidulée, sans jamais franchir la ligne du mauvais goût, ils se permettent quelques incursions acid (définitivement très présent ces temps-ci) et disco, fidèles à l’image renvoyée par leur blog Feel My Bicep. On apprécie et on comprend leur soudaine explosion mondiale. Huxley enchaîne un ton en dessous mais ça reste très bon.

 

C’est alors que Blawan vient poser sa patte dans notre douve ; The Moat The Moat The Moat. Deux heures d’une intensité rare et malsaine, défendant fièrement les 140 BPM de croisière, il pousse très rapidement le public vers un état de démence moite, s’affranchissant de toutes les limites musicales et humaines pour une expérience incroyable. Son set restera dans les mémoires, nos genoux en tremblent encore.

 

Samedi :

 

Sans encombres, c’est avec Mount Kimbie au Clearing que les hostilités débutent ; une prestance impressionnante et un live nous permettant de redécouvrir leur dernier album. S’en est suivi un moment de flottements dans la Fort Arena 1, avec un Endian légèrement décevant, un Surgeon pas non plus transcendant et le duo Skudge se faisant trop attendre.

 

Grand bien nous en prit, c’est Patrice Scott qui sévit dans la douve. D’une élégance rare, son set hypnotique tranche avec tout ce qu’on a pu entendre lors du festival. Bien moins hédoniste, sa sélection nous amène loin de nos corps. Les résistants d’Analogue Cops (podcast ici) enchaînent sur une techno nerveuse et points acid. Seulement, 2 des acteurs majeurs de l’année enflamment la scène Outside the Fort, celle qui peut se venter d’être équipée de Void Incubus, probablement l’un des meilleurs système son au monde. Une fois que vous avez conscience de ça, imaginez Omar S et Gerd jouant à suivre devant des milliers de rêveurs. Le clubbeur lambda danse à n’en plus pouvoir, les filles balancent leurs cheveux dans le visage de ceux qui, bavant un peu trop face aux Void, respirent la plénitude. L’alcool coule à flots près du bar, les lumières se font de plus en plus présentes, le son et les rencontres fusent. Le temps passe vite et Levon Vincent clôture The Moat avec toute la force qu’on lui connaît. La forteresse tremblera jusqu’aux dernier kick.

 

Dimanche :

 

Alors que nous nous rendons compte que c’est déjà le dernier jour, Mark E respire la concentration devant un public dès plus heureux ; entrée deep house acoustique et rythmes psychédéliques, le tout solidement harnachée par des drums claquantes,  fait mouche. Malgré l’invitation surprise de quelques nuages, le soleil se couche une dernière fois à l’horizon et l’émotion s’intensifie.

 

Pour clôturer le festival, Dimensions a prévu de laisser carte blanche au groupe superstar de la house 3 Chairs, de 21h à 6h, merci. La scène Outside The Fort devient alors la pièce principale d’un véritable cours d’histoire. Moodyman impressionne. Imaginez Moodyman devant vous, comme ça. Nous sommes dans l’antre de la symbiose de la danse et du respect. Lorsque que Marcellus Pittman joue Relight My Fire, vielle hymne disco, le public exulte. Certains y passeront la nuit mais un clin d’oeil à Norman Nodge ne fait pas de mal. L’allemand fomente une rébellion dans la douve.

 

Après les nuages de l’après-midi, c’est bien la pluie qui s’invite d’abord très légèrement sur le fort lorsque Roman Flugel (podcast ici), le maestro, nous enchante une fois de plus avec une sélection dantesque. La clôture du festival est signée Ben Klock. Et quoi qu’il se dise, Ben Klock en closing de 5 jours de rêve, ça vaut son pesant d’or. Le reste de la nuit restera au Dimensions. 

 

Le Dimensions n’est pas seulement un festival, c’est les vacances.

 

VB, JL, FG

Le

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