Podcast #187 – UTA

Après avoir récemment invité Timnah Sommerfeldt à enregistrer un podcast, j’étais particulièrement heureuse d’accueillir UTA pour notre série de mixes. Bien qu’elles aient imaginé des contributions différentes et qu’elles aient des parcours divergents, j’étais frappée par leur passion commune pour les sons dubs et leur respect partagé pour l’humilité en musique. Alors que la première est basée à Bâle, nous n’avons pu faire qu’un échange par email mais j’étais enchantée de rencontrer UTA dans un café à Berlin. Nous avons parlé de radio, de la scène bass à Berlin, du besoin de prendre de l’air et de son appétit pour des sons plus expérimentaux.  [english below]

 

Bonjour Uta et merci pour ce beau podcast. Peux-tu m’en dire un peu plus sur la manière dont tu l’as enregistré ?

Uta : Je collectionne des vinyles depuis des années et de styles très différents. Récemment, j’ai commencé à utiliser des CDJs, ce qui me permet de jouer également les morceaux que m’envoient des producteurs ou mes amis. Je reçois des choses très intéressantes mais un peu plus expérimentales. Quand j’enregistre un podcast ou une émission de radio, j’essaye de jouer ce genre de choses, des choses qui ne sont peut-être pas considérées comme dansantes, même si pour moi elles le sont. Le festival CTM à Berlin m’a récemment donné l’opportunité de jouer ce genre de sons quand ils m’ont programmé le 27 janvier dernier. La réaction au set a été vraiment positive et plusieurs personnes m’ont demandé si je l’avais enregistré ! Donc avec ce podcast, j’ai essayé de recréer ce que j’avais joué.

 

Quand as-tu commencé à mixer ?

Uta: J’ai commencé à acheter des disques dans les années 90. J’ai déménagé à Berlin en 1999 et j’allais à Hard Wax. Après quelques années, alors que je passais du temps dans le studio d’un ami qui avait des platines, j’ai commencé à être tentée d’essayer de jouer. Mon ami m’a conseillée de démarrer avec de l’ambient. Sans rythme, c’est plus facile de se concentrer sur la sensation du morceau et de s’entrainer avec le matériel. J’avais quelques disques d’Aphex Twin ou je lui empruntais les morceaux ambient de sa collection. Et puis un jour, un autre ami m’a demandé de jouer pour sa soirée à Berlin. J’ai alors mixé mes propres disques, pas mal de house et techno !

 

Ah bon ? Ta sélection est assez éclectique mais quand je pense à Uta aujourd’hui, j’ai plutôt en tête des sons bass et pas forcément de la house ou de la techno.

Uta: Cet aspect est plutôt récent. Vers la fin des années 90 et le début des années 2000, je sortais pas mal. A cette époque, le Trésor, Ostgut et WMF étaient mes clubs préférés. C’est l’époque où j’ai commencé à travailler pour Twen FM. Faire partie de cette radio m’a fait prendre conscience que la musique, c’était tellement plus que simplement de la house et la techno ! J’étais surtout influencée par les productions britanniques : un côté techno techno mais avec ce broken beat et cette basse bien lourde. Robert Lischke animait une émission juste avant la mienne et il invitait des gens comme Loefah, T++, Hops, Orson et bien d’autres. Ca m’a fait halluciner ! Et puis Robert était super humble et passionné. Bien que je connaissais cette scène, en faire l’expérience à la radio m’a fait comprendre que c’était ça mon truc.  J’ai commencé à aller au Horst Club. Je me sentais plus libre en dansant dans ces lieux.

 

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce que tu faisais à Twen FM et tes activités à la radio aujourd’hui ?

Uta: Twen FM était une radio pirate basée à Berlin qui a commencé à émettre dans les années 90. Le fondateur était fasciné par l’héritage des radios pirates au Royaume-Uni. Rinse FM a toujours été son grand exemple. Je les ai rejoints dans les années 2000 et ils m’ont demandé si je voulais animer une émission sur l’antenne vers 2010. C’était une expérience impressionnante et magique. J’ai fait une pause en 2014, avant de démarrer l’émission Rec Room avec Sarah Farina sur Berlin Community Radio. Je connaissais Anastasia Filipovna et Sarah Miles [qui a également fait un podcast pour Midi Deux] pour les avoir rencontrées en soirée et elles m’ont demandée si je voulais rejoindre BCR. [Les émissions Rec Room sur BCR à écouter par là.]

 

Pourrais-tu présenter Rec Room à ceux qui ne seraient pas trop familiers avec la scène berlinoise.

Uta: J’ai rencontré Alexandra Dröner (Sick Girls) et Sarah Farina (Through My Speakers) à travers la musique et nous sommes très vite devenues amies. Nous avons décidé qu’il nous fallait un espace où nous pouvions jouer de la musique, inviter des amis, leur montrer ce que nous aimions, échanger et danser. Le club Ohm venait tout juste d’ouvrir ses portes et je connaissais un des types qui y travaillait donc il a accepté de nous laisser organiser nos soirées. Nous avons décidé des les appeler Rec Room, en référence à un espace de « Recréation » et nous avons démarré en octobre 2013. Nous pensons que tous les styles de musique électronique sont connectés donc il n’y a pas de véritable limite à notre identité musicale. Mais nos line-ups sont plus axés sur la bass music : jungle, grime, 2-step, certains genres de house, des sons UK ou jamaïcains.

 

Je me suis toujours demandée quel était le véritable public pour ce genre de musique ici. Est-ce que ce sont surtout des expats et touristes ou aussi des mélomanes berlinois ?

Uta: Parfois, il y a une grosse proportion de britanniques dans notre public mais ce n’est pas toujours le cas. Il y a toujours eu une scène pour ça à Berlin – Wax Treatement, bien sûr, mais aussi Version, Through My Speakers, Shlomp, Revolution No.5, Freak Camp, Bass The World, Grime Time à WMF pour n’en nommer que quelques uns. Et puis, il y en a de plus en plus donc la scène continue à prendre de l’ampleur. Depuis deux ou trois ans, j’ai également remarqué que le public était de plus en plus ouvert dans les plus gros clubs, ce qui me rend vraiment heureuse ! Auparavant, dès que je jouais un morceau breaké, je sentais que je perdais l’attention du public. Or récemment, il m’est arrivé que des gens viennent après mon set pour me dire que même s’ils n’étaient pas habitués à ce genre de musique, ils avaient passé un super moment. L’année dernière, j’ai joué pour Her Damit, un festival qui réunissait beaucoup de grands noms de house et de techno. Je me suis demandée pourquoi ils m’avaient bookée mais j’ai quand même fait mon truc, jouant de la grime et de la jungle. Ensuite, j’ai reçu des super bons retours du public.

 

Wax Treatement organise des choses à Berlin depuis un bon moment mais je n’ai jamais été à Horst Club puisque ça a fermé en 2013 juste avant que j’emménage ici. Quelle est ton expérience de ce lieu ?

Uta: Horst Club était situé dans le coin de Hallesches Tor. En 2009, Wax Treatement était organisé une fois par mois le dimanche avec le gros Killasan Soundsystem. Ca commençait avec du reggae et du dub puisque le son fut construit pour ça. Certains DJs jouaient également disco, jungle, dubstep, techno ou electro. L’attention était centrée sur le sound system. Mais ce que j’aimais par dessus tout, c’est que ça commençait tôt. Les portes ouvraient vers 18h et il y avait à manger. Par ailleurs, Jonny Stieler, le propriétaire du club, programmait tellement d’artistes UK intéressants que j’ai fini par y aller quasiment à chaque fois. La taille de la salle et le son étaient parfaits … et l’audience était très ouverte à la musique.

 

Vu ton intérêt pour la scène UK, j’imagine que tu y as déjà voyagé ?

Uta: Oui, je suis allée plusieurs fois à Londres au cours des dernières années et j’ai aussi été à Bristol à plusieurs reprises. J’ai rencontré des amis de Bristol en organisant Rec Room. C’est une ville qui m’inspire beaucoup : il n’y a que 400.000 habitants mais c’est très multiculturel ! Bonne nourriture et belles personnes ! Ils sont si drôles !! J’adore Berlin mais parfois les allemands ne sont pas très marrants. Quand je vais à Bristol, j’aime passer du temps dans les pubs avec des amis et simplement les écouter discuter.

 

Revenons à ton parcours musical, pourrais-tu nous décrire tes habitudes d’écoute ?

Uta: J’ai l’impression d’être un peu comme une éponge ! J’absorbe tout. Le weekend, j’aime écouter BBC Radio 6. La tradition radio en Allemagne, ce n’est pas trop mon truc, alors qu’en France et en Grande-Bretagne, c’est bien plus intéressant. Mon émission de radio préférée celle que Josey Rebelle anime sur Rinse FM le dimanche. C’est la meilleure ! Ce qu’elle joue et sa manière d’animer … Josey est vraiment au top ! Je parcoure également Youtube quand j’ouvre mon ordi et je découvre pas mal de choses via Facebook. Afin de trouver de nouveaux producteurs, je recherche plutôt sur Soundcloud et Bandcamp. J’adore trouver des artistes inconnus. J’aime aussi écouter des vieilles mixtapes de Kool FM, des anciens shows sur Rinse ou des mixes de l’époque où Peverelist jouait de la jungle. Et puis, je vais bien sûr à Hard Wax et Audio-In, qui est plus petit et vend des disques second hand. Parfois, je vais à Oye Records ou au Record Loft.

 

Pas mal de temps dédié à la musique donc … Quelle serait une autre activité non-musicale que tu apprécies et qui te définirait en tant que personne ?

Uta: J’aime voyager et me rendre à des expositions. Mais plus que tout, j’aime passer du temps avec mes amis à Berlin que je connais depuis des années. Ils ne sont pas forcément dans la musique mais c’est si agréable de parler tout simplement de … la vie ! Sinon, je suis pharmacienne et je suis très intéressée par les médecines alternatives et l’homéopathie. C’est incroyable de pouvoir soigner les gens avec des plantes. Enfin, en été, vous me trouverez à la piscine Prinzenbad de Kreuzberg.

 

L’enregistreur est éteint mais on continue à parler un peu de la difficulté d’organiser des vies remplies de musique. Je suis sur le point de partir quand nous évoquons à nouveau la pratique du mix et UTA déclare : « Caler ses disques ? C’est surestimé ! » Elle le dit avec une confiance qui sous-entend qu’elle ne rigole pas vraiment. J’ai son podcast en mémoire et je peux assurer qu’elle est en bonne position pour affirmer ça, une position d’où sa technique est devenue si assurée qu’elle s’essaye désormais à autre chose. Je comprends mieux ce qu’elle entendait au début de notre conversation par son besoin d’expérimenter. Alors que j’appréciais dans ce podcast, la manière dont elle l’avait ficelé, j’y entends désormais bien plus. J’espère que vous y entendrez, vous aussi, quelque chose en plus. Enjoy !

Noëmie V

 

 

 

After inviting Timnah Sommerfeldt for a recent podcast, I was particularly happy when UTA accepted to contribute to our series as well. Although both mixes differed and the two DJs have varying relationships to music, it stroke me that Timnah and UTA both shared not only a passion for dub sounds but also valued humility in the music scene. As Timnah is based in Basel, I could only exchange with her via email but I was delighted to meet the latter in a café in Berlin. She told me about radio, bass sounds in Berlin, the need to sometimes escape the scene and her wish to go more experimental.

 

Could you tell me a little more about the idea behind the podcast ?

Uta: I have been collecting vinyl for many years and from very different styles. Recently, I also started using CDJs which allows me to play the tracks that I have been sent from producers or by my friends. Some of them are really interesting but also slightly experimental. When I record a podcast or a radio show, I try to share that kind of stuff, stuff that might not be considered as danceable, even though it would definitely be for me. CTM recently gave me the opportunity to play this sort of music when they booked me on January 27th. The response to my set was extremely positive and people have been asking if I had recorded the mix ! So with this podcast, I tried to recreate what I played then.

 

When did you actually start DJing ?

UTA: I started buying records in the end of the nineties. I moved to Berlin in 1999 and I was going to Hard Wax. After a few years, I was hanging out in a friend’s studio where there were turntables and I was tempted to just try. My friend advised me to start off with ambient. Because it has no beats, it’s easier to get a feeling and practice on the decks. I had a few Aphex Twin records or I would borrow in his ambient collection. One day, another friend asked me to play at his night in Berlin and then I played the tunes I had bought, mainly house and techno !

 

Of course, your style is very diverse but when I think of Uta today, I think more of bassy sounds.

UTA: Well, that is pretty recent. In the late nineties and early ‘00, I was going out a lot. Back then, Tresor, Ostgut and WMF were my favorite clubs. But I reached a point where I was a little bit bored with the music. This coincided with the period when I started working for Twen FM. Being part of that radio made me realize that there was so much more than house and techno ! I was especially inspired by some music from the UK : it was still techno but with this broken beat or this heavy bass. Robert Lischke was hosting a show just before mine and he was inviting people like Loefah, T++, Hops and Orson and many more. It blew my mind ! Also, Robert was particularly humble and dedicated to the music. Whereas house and techno had become, in a certain way, more commercial and about fashion, by then things like grime, bass music and dubstep sounded still fresh and unpretentious. Although I knew about this scene, experiencing it on radio made me realize that this was my thing. I started going to Horst Club. I felt more free to dance in these places.

 

Tell us a little bit about Twen FM and your radio activities …

UTA: Twen FM was a Berlin-based pirate radio which started transmitting in the nineties. The founder was very fascinated by UK’s pirate radio tradition. Rinse FM was always an example for the crew. I joined them in the years ’00 and they asked me to host on the station around 2010. It was an impressive and magical experience and then I had a short break in 2014 before I started hosting the Rec Room show with Sarah Farina on BCR. I knew Anastasia Filipovna and Sarah Miles (who did a podcast for us as well) from going out and they asked me we wanted to join the station. (Rec Room on BCR)

 

Can you please also introduce Rec Room to people who might not be familiar with the Berlin scene.

UTA: I met Alexandra Dröner (Sick Girls) and Sarah Farina (Through My Speakers) through music and we’ve been friends ever since. We decided that we needed a room to play our music, to invite friends, show them what we like, chat and dance. As Ohm was opening, I knew one of the guys working there, so he let us curate our series of nights. We decided to call them Rec Room, as a reference to a « Recreation » space and hosted our first night in October 2013. We believe that all electronic music is connected so there is no boundaries to our musical identity. But our bookings are more focused on bass music : jungle, grime, 2-step, some specific types of house, Uk or Jamaican sounds.

 

I always wondered what the actual audience of this music here is. Are only expats and tourists into these sounds or also people from Berlin ?

UTA: Sometimes, there is a large amount of British people in our crowd but that is not always the case. There has always been a specific scene for this music in Berlin – Wax Treatment of course, but also Version, Through My Speakers, Shlomp, Revolution No.5, Freak Camp, Bass The World, Grime Time at WMF  just to name a few… There are also more and more of these parties of the kind, so it’s growing. In the last two or three years, I’ve noticed that the crowd has also been more open in bigger clubs, which makes me really happy ! Before that, if I happened to play a broken beat track, I could sense that people were less into it. However, I’ve recently experienced people coming over after my sets to tell me they weren’t familiar to the sounds but had a lot of fun. Last year, I was playing Her Damit, a festival lining-up a lot of good house and techno. I just wondered why they booked me but I just did my thing and played everything from grime to jungle. Afterwards, I received a lot of positive messages from people who happened to be in the crowd.

 

 

Wax Treatment has been there for a while but I’ve never been to the Horst club as it closed in 2013 and I only moved here in 2015. What was it like ?

UTA: Horst club was close to Hallesches Tor. In 2009, Wax Treatment was taking place once a month on Sunday and they had this massive Killasan Soundsystem. They started off by playing reggae and dub because that’s what the sound system was built for. Then, some DJs were also playing disco or jungle, dubstep, techno or old school electro. But what I liked, was that they always started early. The focus was definitely on the sound system. The doors would open around 6pm and there would always be food. Besides of that, Jonny Stieler, the owner of Horst Club was booking so many interesting artists from the UK for regular nights at Horst so I ended up going there every weekend. The size of the room and the sound system were perfect … and the people were very open to music.

 

Given your interest in the UK scene, I was wondering if you had also been travelling there ?

UTA: Yes, I have often been to London and in the last years i’ve also been a few times to Bristol. I met some friends through organizing Rec Room. It’s a very inspiring city : there are only a 400.000 inhabitants but it is so multicultural ! Great food and great people ! They are so funny. I like Berlin a lot, but sometimes, Germans aren’t very funny. When I go to Bristol, I just like to hang in a pub with friends and hear them chatting.

 

Back to your musical career, could you tell us a little more about your listening habits ?

UTA: I feel like i’m a sponge for music ! During the weekend, i like to listen to BBC Radio 6. German radio culture isn’t much my thing, whereas in France and in the UK, it’s more interesting. My favorite radio show is the one Josey Rebelle is hosting on Sundays on Rinse FM. She’s the best ! What she plays and how she hosts … Josey is really on point ! I do check Youtube everyday as I open my computer and I find stuff through Facebook. To find new producers, I dig a lot through Soundcloud & Band Camp. I love discovering unknown artists. I also like to listen to old mixtapes, like from Kool FM, old Rinse shows back in the days or mixes by Peverelist from when he was a jungle DJ. Of course, I go digging at Hard Wax a lot but also Audio-In, which is smaller and sells second hand, sometimes Oye Records and The Record Loft.

 

Sounds like a lot of time dedicated to music. What would be another non-music activity you like to do and would define you as a person ?

UTA: I like to travel and go to exhibitions but more than anything, I like to spend time with my Berlin friends that I know from back in the days. There are not necessarily into music but it’s so nice to speak about … Just life ! Also, I am working in a pharmacy and I am interested in alternative medicines and homeopathy. It’s incredible how you can heal people with plants. In summer you can find me at the public swimming pool Prinzenbad in Kreuzberg.

 

The recorder is off but we continue chatting a bit about how to conceal a life with so much music. As I’m about to leave and while we talk about DJing UTA declares : « Beat matching ? That’s overrated ! » She says it with a confidence that suggests she isn’t only joking. As I have her podcast in mind, I can tell that she is in a good position to claim such a statement, a position from where her mixing has become so good that she is now trying something else. I understand more what she meant in the beginning, by experimenting. As I admired the technical skills of this podcast, I now hear in it so much more. I hope you hear something more in it too. Enjoy !

 

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