Labels Of The Year 2013 : Houndstooth vs Livity Sound

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Alors que le festival Urbaines se clôturait avec distinction l’année dernière sur le plateau Legowelt, Prosumer, Ringard et Bot’ox, la programmation est cette année encore incroyablement ambitieuse : outre le surdoué Pariah, vous aurez le plaisir de retrouver Levon Vincent (La Deuxième) et Ange. Mais surtout, ô surtout, pour vous rennais, Li-vi-ty Sound, si, si ! Peut-être ce qu’on a entendu de plus excitant en 2013, Livity Sound est un collectif, un label, une scène, un son … une histoire d’amour.

 

Une toute première fois avec Livity Sound, on s’en souvient forcément. L’époque : dès 2009. Le lieu : Bristol. Le décor : la scène dubstep s’essoufle tandis que le genre insuffle les productions mainstream. Bientôt, toute une génération confondra dubstep et brostep et oubliera Skream au profit de Skrillex. Le fait : il se passe quelque chose entre Tom Ford (Peverelist), Joe Cowton (Kowton) et Craig Stennett (Asusu). Et puisqu’il est question, ici, de labels passionnants, précisons que la naissance du collectif, c’est un peu l’histoire de la cuisse de Jupiter, Peverelist étant le fondateur de l’incontournable label Punch Drunk. Livity Sound émerge quelque part entre tout ça : le cerveau de Pev, un concept rastafari (Livity, la force vitale) et un attachement solide au sound system.

 

 

Dès la fin de l’année 2010, ce flirt avec les machines semble se concrétiser et le collectif devient label dès la sortie de Beneath Radar. Une version du morceau est mixée par Pev, l’autre par Kowton et ça sort en 2011, suivi la même année du Sister d’Asusu. Mais, Much Time Has Passed, et depuis l’identité de Livity Sound n’a eu de cesse de se préciser, de s’intensifier voire de de se radicaliser.

 

 

Pour peu que vous ne couchiez pas le premier soir, Livity Sound attaque à nouveau en 2012 avec deux nouveaux EP : l’un signé Pev et le second Kowton. Cette année-là, le trio coche avec succès la case Boiler Room. Malgré la qualité médiocre de la captation sonore, l’énergie extatique des trois producteurs relègue au rang de morne distraction les milles autres vidéos de sets que propose la chaîne youtube de Boiler Room. Cette fois, pour ceux qui n’étaient pas à Bristol dès 2009 (dans le cerveau de Pev) et qui seraient passés à côté (elle n’était pas viscérale) de la déferlante des trois producteurs, cette Boiler Room est une déclaration poignante.

 

 

2013 marque le début des choses sérieuses, on saute le pas de la page « j’aime » à la mention « in a relationship ». Raw Code ! Ce morceau, on l’entendait depuis six mois peut-être : ce martèlement frénétique, un soupçon d’abstraction, des basslines abyssales et qu’ouïe-je ? Une mélodie ? Serait-ce une mélodie ? Assez paradoxalement, Raw Code sort chez Hessle Audio (labels passionnants, vous dites ?) mais c’est un EP de Pev & Kowton : c’est du pur Livity Sound et on le retrouvera sur la compilation.

 

 

À partir de là, toutes les sorties deviennent essentielles, Velez d’Asusu est rapidement sold out et relève nombre de sets. Le Surge de Pev & Asusu alarme dès sa première apparition dans un podcast livré par Peverelist pour XLR8R. Et bientôt, le label sort une compilation de ses dix-huit titres qui achèvera de le hisser tout en haut des tops de fin d’année.

 

 

Parallèlement a cette ascension, le label s’est dédoublé, introduisant avec l’EP Bounce d’Alex Coulton, sa soeur jumelle DnuoS YtiviL (une anagramme, vous l’avez?). Dnuos Ytivil est censé sortir la musique d’artistes partageant les idées et l’esthétique du trio. Ceux-ci se résument pour l’instant à Alex Coulton (deux Eps) et Batu, le poulain de Pinch et Peverelist.

 

 

Livity Sound est donc, à peu de choses près, le label coeur de 2013. À peu de choses près, oui. Car un jour … le dancefloor se dérobe sous vos pieds. On ne sait jamais rétrospectivement, si le coup de foudre (à la première oreille) a vraiment été aussi violent ou si c’est le souvenir qui le magnifie. Quoi qu’il en soit, aucune écoute de Threshing Floor de Call Super ne saura en altérer le plaisir. Et d’ailleurs, aucune somme rationnelle d’ingrédients sonores dans cet EP, The Present Tense, ce qui signifie que, non, je ne peux pas l’écrire/décrire. Le seul avenir de ce morceau en particulier est une rotation infinie et l’ouverture d’une porte sacrée : le label Houndstooth.

 

Houndstooth est un label lié à celui de la Fabric, le club londonnien et qui sort notamment les CDs mixés, en live ou non. Après quelques sorties de musique originale, Rob Butterworth et Leo Beltchez, respectivement directeur et manageur du label Fabric, ont décidé de profiter de cette plateforme pour démarrer un label mené par des artistes. Lorsque Rob Booth a rejoint le projet, cette idée s’est précisée : il s’agissait véritablement pour lui d’accueillir et d’accompagner des artistes dans leurs productions. Il ne s’agissait pas de proposer momentanément des projets d’artistes à la discographie déjà établie mais de faire partie, en tant que label, de cette discographie. Et de fait, chacun des artistes participant à cette aventure, devrait sortir à un moment donné un album (ceux de Second Storey et de Throwing Snow ne devraient pas tarder à arriver).

 

Electronic Explorations

 

 

Cette idée de construire l’histoire du label autour d’artistes aux identités fortes est chère à Rob Booth. Véritable passionné (obsédé?) de musique, acteur de la scène rave depuis les années 1990 et ardent défenseur de la radio, Rob Booth a fondé en 2007 Electronic Explorations, une série très respectée de podcasts exigeants. « Bienvenue sur Electronic Explorations – un patchwork insidieusement conçu de rythmes soigneusement cousus, de contorsions sonores et de délicates mélodies, où vous entendrez les artistes repousser les limites des musiques électroniques. »

 

 

Sortir les musiques électroniques de leur carcan, vaste projet … Alors que les adjectifs de nouveauté et d’avant-garde ne sont souvent que des arguments un peu prétentieux de communication, on ne peut pas retirer au label l’audace d’avoir sorti des choses … surprenantes ! Là où Livity Sound est fidèle, Houndstooth, est un peu plus compliqué. Il y a des moments où on n’est pas sûr (House of Black Lanterns) et d’autres où on est franchement mal à l’aise (Snow Ghosts). En à peine un an, Houndstooth redonne un peu d’épaisseur à l’éventail de réactions qui s’étalent de « comprends pas » à « c’est trop bien ».

 

 

Après la première sortie signée Call Super en tout début d’année, Houndstooth a maintenu un rythme impressionnant de sorties pour un label naissant. The Present Tense a rapidement été suivi de deux sorties de House Of Black Lanterns puis d’un EP d’_Unsubscribe_, le projet de Dave Clarke et Mr Jones Unsubscribe (la majorité des projets signés sur Houndstooth, sont ceux d’artistes faisant peau neuve : House Of Black Lanterns pour King Cannibal de Ninja Tune, Unsubscribe pour Dave Clarke, Akkord pour Synkro & Indigo, Second Storey pour Alec Storey, Special Request pour Paul Woolford).

 

 

Mais Houndstooth ne devient qu’un amant redoutable à partir de la sortie de l’Hardcore EP de Special Request bientôt suivi de son immense, vertigineux, inépuisable album Soul Music. (une chronique condensée et forcément partielle, par ici). Le choix du nom Houndstooth (pied de poule, le motif textile) prend enfin tout son sens comme cette fidélité aux « rythmes soigneusement cousus ». C’est quelque chose que l’on retrouvera avec plaisir dans l’album d’Akkord, symbolique de la maturité du duo, cet entremêlement complexe de rythmes, enchevêtrés, tantôt accélérés ou décélérés, soulignant plus que jamais la beauté du silence avant un retour de bass. Le futur de la techno (et on inclut cette fois dans « techno », tous ces frères – bass – et soeurs – house) est probablement dans cette recherche de textures rythmiques insolites (Livity) ou imprévisibles (Houndstooth).

 

 

Outre les deux époustouflants albums de Special Request et Akkord, Houndstooth a sorti en juin l’EP Margosa de Second Storey (« Beau et intense, au prix de sueurs froides et syncopes » dixit Eliaz) et en septembre le deuxième EP de Call Super, Black Octagons, unanimement salué par la critique. Call Super y affirme sa touche poétique sans tomber dans les travers de la deep techno, flirtant explicitement avec l’univers d’un Actress par exemple.

Pour clôturer l’année, Houndstooth, prend tout le monde par surprise, une fois n’est pas coutume, en publiant sa compilation HTH vs HTH. Sept morceaux sortis sur Houndstooth et remixés pas les artistes d’Houndstooth. Tandis que Call Super épouse avec élégance Second Storey, le duel Akkord et Special Request (les titres Destruction et Lockjaw respectivement remixés) nous fait définitivement craquer. « Décidément l’un des labels de l’année ! ».

 

 

Le Resident Advisor, aussi référent que raisonnable, a fait son choix et a nommé Livity Sound meilleur label de l’année. Midi Deux, plus prompt à la passion, serait tenté de céder et d’attribuer la mention « best label de l’année » à Houndstooth. Toutefois, rien ne vous empêche de mener – à l’image de Peverlist, Kowton et Asusu eux-mêmes – un délicieux ménage à trois, puisant selon vos désirs, vos weapons chez Livity Sound et vos albums chez Houndstooth. Ah, que vous êtes gourmands !

 

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