Hardrock Striker

1.The Band L.A

 

Comment es-tu passé du fan de rock US, camarade de classe de membres du Ministère A.M.E.R, à l’artiste et boss de label de musique que tu qualifies “leftfield” aujourd’hui ?

 

Sincèrement c’est un long parcours et le fruit d’une longue « maturation ». J’ai toujours été fan de musique depuis ma plus tendre enfance, aussi loin que je me souviennes j’écoutais Depeche Mode à l’âge de 10 ans, vers 12 ans j’ai commencé à bifurquer vers bowie, le velvet & les stooges ; je te parle de cela, dans les années 80 où cette musique qui est devenue plus tard ce que l’on appelle « indie » était tout sauf à la mode. Puis les clash, les damned, new order, les smiths, le punk et la synth pop … je lisais religieusement les inrocks (en 1987 – 88) en attendant fébrilement chaque sortie du mag parce qu’à l’époque la presse musicale c’était nada, ça se résumait à rock’n’folk et best avec des artistes très mainstream en couv type madonna ou prince. Je faisais des K7 (memorex pour les initiés) pour les boums ou anniv. Et bien évidemment avec le type de musique que j’écoutais en banlieue, ça me faisait passer pour un mec bizarre, super bizarre même. A cette époque, fin des années 1980 tout le rap ou hip  hop commençait à exploser, on le voyait venir, on kiffait tous Public Enemy ou NWA (d’ailleurs quandd le gangsta rap est apparu un peu plus tard, je chambrais mes potes en leur disant que le seul qui pourrait être élu maire de sarcelles à 99% c’était Dr Dre tellement c’était BIG). C’était très fort au niveau des banlieues parce que ça parlait des minorités, ceux que l’on ne voulait pas voir, les laisser pour compte ; même nos copains de classe s’y mettait, je me souviens très bien de gilles ou passy (futur minister amer) qui nous disait, nous on va être des stars et pas galérer comme ces putains de profs à la con dans une banlieue toute naze, on était mort de rire, on imaginait pas la suite, on les prenait pour des mythos, c’était des mecs qu’on connaissait quoi. Bref, le déclic en ce qui concerne ma volonté de m’impliquer dans la musique est venue très tard parce qu’en écoutant tous ces artistes internationaux qui avaient bercé mon enfance iggy, bowie, joy division ou autres ; je voyais les gens qui étaient on top en France c’était patrick bruel, johnny halliday et pascal obispo, bref, la catastrophe atomique. Donc l’équation était simple : comment j’allais réussir à vendre des disques dans le monde entier alors que dans ton propre pays on t’imposait des quotas pour « chanter » en français (c’était la règle dans les 90’s) . La clée ça a été la musique éléctronique, plus de paroles, plus de quotas, plus de nationalité, je fais mes disques by myself, fuck off. Et pour ça il a fallu un coup du destin, à la mort de mon père en 2000, je me suis barré à Los Angeles avec un pote dans l’espoir de monter un groupe de rock et vivre là bas. Evidemment, l’inverse s’est produit, mon pote connaissait là bas effectivement quelqu’un dans la musique (Peter Black qui a sorti l’hymne house Sweetdrop « Human Nature » sur Strictly Rythm) mais c’était de la house, donc le gros big bang. Découverte des 12 inches, de la culture dj, des classiques, ce qui nous a fait accrocher c’est que j’étais guitariste donc musicien et j’avais exactement la même culture teenage que les mecs de L.A. plimsouls, les nuggets, lester bangs, le rock déviant, le roxy, la synth pop des 80’s type soft cell, ministry, tones on tail, on retrouvait plein de versions pirates joués en club type razormaid mixes dans leurs bacs donc c’était beaucoup plus facile pour moi de comprendre la musique électronique sous ce prisme. On a commencé à enregistrer nos propres compos via cubase (qui sont sorties un peu plus tard en 2005 …) et surtout 6 mois plus tard on rentrait à paname et on montait Parisonic avec le fameux slogan Stay Underground It Pays (bien avant que le mot UNDERGROUND devienne une marque pour certains …). Notre 1ère sortie, c’était un x2 12 inches de remixes de l’album de Manu Di Bango « Africadelic » de 1975 avec des remixes de Rob Mello, Slow & Local (dont l’un des membres était … Lindstrom que j’ai rencontré à Miami bien avant qu’il ne devienne « célèbre »). Parralèlement on vendait aussi des boots genre prince « work it » ect … Il faut bien se rappeler qu’à l’époque il y avait peu d’édits et toute la culture internet ne s’était pas encore démocratisée ; on les vendait à l’ancienne avec le téléphone, on appelait les mecs et ils écoutaient en direct puis nous disait « ok là tu m’en mets 100, celui là 50 … » ; on a fait des scores de ouf (genre 4000 / 5000 copies, c’est plus le même truc aujourd’hui). D’ailleurs je me souviens qu’une fois on appelle notre distributeur de l’époque discograph pour demander des explications parce que l’on n’avait vendu QUE 1000 copies d’un disque, alors qu’aujourd’hui ce serait un succès total ! Bref, on faisait plein d’aller retour Paris – L.A., ça m’a permis de rencontrer là bas DJ Harvey, Doc Martin, on a même signer un très très gros chèque pour le remix d’Eddy Grant « Electric Avenue » sur Warner, ils ont eu 4 millions de vente d’albums grâce à ce remix dans le monde, Folie totale ect … Un plus plus tard on manageait plein de djs sur Paris (certains sont devenus des stars) genre Dan Ghenacia, Ivan Smagghe, Jenifer, Chloé, Erik Rug, D’julz, Jef K … Bref, le top du top et ils sont toujours là. Parallèlement étant donné que j’étais le plus digger et caler en musique, je me suis mis en tête de ressortir des vieux tracks issus des catalogue Trax & DJ International (personne n’y avait encore pensé à l’époque ou très peu), j’ai trouvé le contact, dealer et boom c’est comme cela qu’est né notre sub – label Square Roots avec des tracks de Franckie Knuckles, Farley Jackmaster Funk ect … D’ailleurs pour anecdotes le groupe Friendly Fires s’est formé autour d’une reprise de Franckie Knuckles « your love » et sur leur myspace ils avaient le macaron de NOTRE reissue, j’avais trouvé ça fun de voir qu ‘en 2005 / 2006 alors que c’était de l’histoire ancienne parisonic. Finalement la musique, à partir du moment où tu l’as sort en vynile (sur un support en tout cas), il y a une trace qui reste … Ivan Smagghe aussi nous avais compilé un remix de gusgus pour le ralphi rosario « in the night » sur un de ses mixes qui est resté culte pour toute une génération de ktdj kids « Death Disco », on était super fier. Dans cet intervalle, on a même réussi à finalement faire enfin ce fuckin rock’n’roll band avec un mec qui chantait très new wave, voix à la dave gahan, il se trouve que le mec en question était un flic undercover aux stups de L.A. donc imagine le délire. On était en studio et je vois le gars arriver avec un petit sac, il fait ses essais de voix, super, ça tourne bien et je lui demande « tiens tu as quoi dans cette mallette ? », j’ouvre et il y avait des arbalètes, armes de points, magnum, genre LA GUERRE ! Et là encore patatra histoire d’égo, on a dû arrêter. Bref, cette histoire a bien duré 3 ans (fin 2003) après pour des raisons financières, on a dû tous se séparer, il y a eu une scission au sein de parisonic. Peter & moi contre les 2 autres associés, la messe était dite. Je suis encore une fois repartit à L.A. pour respirer, voir les potes et en partant de l’avion en décollant je voyais LAX (nom de code pour l’aéroport de Los Angeles), et là je me dis « stop les conneries » je fais tout tout seul now, je crée mon label, MA structure, je vois le ciel et BING : SKY … LAX donc SKYLAX.

 

 

Sacrée histoire. Un dernier point que tu n’as pas abordé : le terme leftfield ?

 

Honnêtement je pense que ça voulait dire quelque chose il y a bien encore 3 ou 4 ans, genre cosmic, bizarre, disco déviant, un truc à la fois addictif et pas facile d’accès, intelligent mais en même temps qui « pourrait » être populaire, à la limite de tout ; du bon, du mauvais goût, quelque chose finalement pas très marqué par le temps et pas tant que ça non plus, intemporel. C’est très Skylax comme concept !

 

Tu as parlé de “Underground”, une marque pour certains. Qu’est ce que tu penses de l’underground, de ce concept du moins ?

 

L’underground est morte, vive l’underground ! Ça règne en maître aujourd’hui grâce à tous les activistes de la scène techno et house sur paname, ça a pris beaucoup beaucoup beaucoup de temps mais je suis heureux de voir que c’est ENFIN arrivé. Que les mecs se battent pour aller voir Ben Klock, Marcel Detmann ou Theo Parrish par exemple, ça en dit long sur l’état de la scène aujourd’hui. 4 avant, c’était vraiment pas la même histoire, j’ai dû moi même lutter TERRIBLEMENT par rapport aux clubs qui ne voulaient pas de ce type de prog, même les plus connus … On citera pas de noms car c’est trop la honte.

Au niveau des releases, le motto avant c’était souvent de sortir un disque avec des mecs un peu connus dessus ou avoir un beau remix. Aujourd’hui, parce que youtube, parce que les sites de vente en ligne decks, juno, tout le monde a sa chance, il suffit juste d’être un vrai passionné.

 

Comment expliques tu son influence sur la mode?

 

Pour moi il n’en a aucune, c’est juste qu’à un moment les gens se retrouvent autour d’un son et puis après ils passent à autre chose. L’underground dans la mode ça se résume à passer les smiths ou echo & the bunnymen dans des défilés ou les compiles colette genre branchouille pour faire style « on est vieux mais on reste in » AU SECOURS !

 

2.The Gun L.A

 

Tu as récemment signé un ami de Midi Deux, Cabos San Lucas avec son duo Garage Shelter. Comment t’ont-ils séduits?

 

Un des 2 Garage Shelter (Alan) est graphiste, il a commencé à me faire quelques projets graphiques pour Skylax et de temps en temps il me faisait écouter des tracks. Puis il a rencontré Cabos et ils ont commencé à produire à 2 et à progresser dans leur son et le construction de leur EP. 1 an plus tard, c’était prêt et je l’ai sorti tout simplement. Une video de delicate magazine va paraître très prochainement pour expliquer un peu comment tout cela s’est construit.

 

 

Quelles ont été tes plus belles rencontres musicales?

 

Clairement DJ Sprinkles, Jason Grove et Peter Black.

 

Mi-2012, tu lançais le site skylaxrecords.com, qui a la particularité de combiner page officielle du label et shop proposant un grand nombre de tes coups de coeurs, en collaboration avec Syncrophone. Comment se porte ce projet?

 

Très bien, le début a été un peu laborieux car il fallait rentrer toutes les refs et pas seulement celles de Skylax, aujourd’hui, ça s’accélère, les gens ont pris l’habitude d’acheter sur le Shop, là encore c’est quelquechose que j’ai construit au feeling parce que c’est des personnes avec qui je m’entends bien et que j’apprécie. On a le même background.

 

Quel est l’avenir de Skylax?

 

Je crois que vous commencez à me connaître vu que vous me suivez depuis pas mal de temps. Donc ça va être une rafale de releases comme d’hab pour cette année, on sort 2 X2 album celui de Joey Kay (producteur house légendaire à chicago) « A chicago retrospective 1990 – 2012 * The Heart & Soul of Joey Kay » & Jason Grove « Skylax ». Aussi des superbes releases de Lady Blacktronika « It’s a Blacktronika world », Fuckthegovernment (qui sortent un track joué a fond par villalobos récemment), Perseus Traxx sous le pseudo Sir Leon Greg « Warehouse Classics 3 », Groove Riddim avec Nathaniel X « Ride the riddims I », Steve Frisco « Adventures in Lo-Fi », Concept E25 « Garage Sessions III », Erman & Abtomat « How deep you can go », Quell « Desdemona », Damien Zala « Sweet & Dirty », Violence FM « Etoiles » ect …

 

 

Ton label Cosmic Club est-il toujours d’actualité?

 

Un peu en stand by mais il devrait revenir sous peu avec une superbe release de Elec Pt 1 aka the minister, ambiance à la bunker records, jackin’ style !

 

Peux-tu nous citer tes coups de coeurs, en terme de tracks, pour début 2014?

 

12 bombes, 12 X 12 inches qui sortent sur SKYLAX !

 

Joey Kay – Music’s hypnotizing

Jason Grove – Last Night

Erman & Abtomat – How deep you can go

Lady Blacktronika – Right Direction

Damien Zala – Shake Vibration

Quell – Nowhere forever

Fuckthegovernment “Tribute ’89

Violence FM – Etoile

Groove Riddim with Nathaniel X Project – The Difference

Steve Frisco – Yes i do

Concept E25 – Sing!

Elec. Pt 1 – I just want to be free

 

3.bada

 

 

Le

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