Call Super – Suzi Ecto

Le ciel est couvert et je me surprends à observer une surface d’eau où se forment une multitude de minuscules cratères, comme hypnotisée par le charme d’une pluie d’été. « See the rain … » Dans le silence bourdonnant de ce jardin humide, Raindance de Call Super envahit mon esprit. Généralement, on garde « en tête » des mélodies énervantes. Celle-ci est un fantôme attachant. Suzi Ecto a coloré tout mon été, sorte de fiction sonique inépuisable.

 

Chaque rencontre avec Call Super a quelque chose de troublant. Après quelques EPs house, JR Seaton s’est inventé Call Super et même Ondo Fudd, le temps d’une escapade chez The Trilogy Tapes. Son premier EP sur Houndstooth, The Black Tense est la bande annonce de ce coup de foudre choyé et à chaque écoute, c’est la piste de danse qui continue à se dérober sous nos pieds (voir “Houndstooth meilleur label 2014“). Son dernier EP, Depicta/Acephale II, toujours sur Houndstooth, est une pierre angulaire de la techno contemporaine, une techno géniale parce qu’émancipée du couple rythme-mélodie. Il n’y aurait plus à chercher le futur dans un martèlement nouveau ou dans un gimmick moderne mais en marge de tout ça, en puisant une originalité dans l’exploration de textures (comme c’était déjà le cas avec le titre Informer). Ainsi, tout en étant construit sur une structure a priori simple et sans déployer de ritournelle entêtante, la face A Depicta n’en demeure pas moins un véritable petit personnage sonore. On retrouve cette touche particulière sur d’autres titres récents au premier rang desquels The Stitch-Up (Unknown Artist). Il nous reste encore quelques mois  pour en décider mais la face B, Acephale II est actuellement en tête de course pour devenir le meilleur titre techno de 2014. En ce sens, le premier album de Call Super est un peu l’atelier ouvert de cette formidable fraicheur qui traverse une partie de la dance music. Alors que Suzi Ecto sort en cette rentrée chez Houndstooth, je ne m’attendais, paradoxalement, à rien d’autre qu’à une petite surprise …

 

J’avais déjà lu des comparaisons entre Call Super et Actress mais je ne les trouvais pas toujours justifiées. Ici, le dialogue est presque évident, notamment sur la deuxième partie de l’album qui emprunte au producteur britannique ces petites triturations électroniques. Plus largement, Suzi Ecto expose également une fascination commune pour les textures sonores et c’est bien en ça que cet LP est comme le jardin secret de l’univers de Call Super. Enfin, on retrouve sur l’album cette tendance particulière à ouvrir des structures en apparence décousues.

 

Pourtant, on continue, chaque fois, à réemprunter ces chemins étranges, les oreilles grandes ouvertes. Il y a quelque chose de fascinant chez Suzi Ecto, notamment cet équilibre fragile entre sonorités électroniques et la sensation de traverser un univers vivant. Encore cette impression de fiction sonique, chère à Kodwo Eshun. En écoutant Hoax Eye, on a l’impression d’observer un monde organique avec les oreilles et les yeux d’un hypothétique robot. Une multitude de sons concrets sur Suzi Ecto donnent l’illusion d’un cosmos frétillant mais filtré, comme sur cette introduction, Snipe sorte d’enregistrement ralenti, retravaillé.

 

À travers toutes ces écoutes, les éléments finissent par trouver leur place au sein de Suzi Ecto. On entend Sulu Sekou à la radio, Okko Ink se révèle plus bijou que bizarre, Acephale I  devient le lien entre Suzi et tous ces frères EP … Et alors même que ce petit objet étrange s’apprête à devenir aussi vivant que familier, on découvre une note à l’attention des chroniqueurs : probablement le texte le plus étrange (mais éloquent) de toute l’histoire des dossiers de presse. À sa lecture, Suzi Ecto replonge dans l’inconnu d’où « elle » vient. Et dans cet inconnu-là, on vous y invite chaleureusement !

 

Tracklist:
1. Snipe
2. Dovetail
3. Sulu Sekou
4. Hoax Eye
5. Raindance
6. Fold Again At Last
7. SE
8. Rosso Dew
9. Coney Storm Drain
10. Okko Ink
11. Acephale I

“The fears and passing joys of the world pouring in through mouth, nose, eyes and ears. React against what we cannot stand: the co-opted postures all over the land. Here now with the contradictory mix of the blissful, the panicked the paranoid that thrives place to place. Drowning us. Veins, organs and mind are filled until we blur into these cities and skies and our reactions fade away.
 
 A positive assertion is staked and I see that this is no longer a part of me.”

 

Le 15 septembre 2014 sur Houndstooth (pre-order)

NV

Le

Close

 

 

Midi Deux,
boys band de la techno depuis 2010,
vous envoie plein d’amour, à fond la caisse.

~

Midi Deux,

Techno boys band since 2010,
gives you some love, witout limits!

 

 

 

• Facebook: facebook.com/pages/Midi-Deux

• Twitter : twitter.com/Midi_Deux

• Mixcloud : mixcloud.com/MidiDeux

• Vimeo : vimeo.com/MidiDeux

• Youtube : youtube.com/user/MIDIDEUX

 

 

 

Design – midi-deux X amoinsb

Midi-deux.com is proudly built under WordPress,
and the help of Jquery, Masonry and Tiny Scrollbar.

Fonts – PT Serif & Lil Grotesk

 

 

 

contact : midi-deux@live.fr