Marco Shuttle

 Brunch & Birds, interview avec Marco Shuttle

 


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   Nous sommes samedi, c’est l’heure du brunch et j’écoute « Sing Like A Bird ». Le morceau, qui a accompagné mes journées depuis quelques semaines, s’ouvre sur un pied déterminé avant d’être éclairé par une sensuelle voix qui le parcourt pendant dix minutes tout en écho et hasards. Autour de ces quelques mots, « Sing Like A Bird », d’infimes éléments accompagnent le voyage, une architecture élégante et respectueuse soulignant l’atmosphère mystique.

   Cette sensuelle épopée est produite par Marco Shuttle et est sortie tout récemment sur Time To Express, le label de Peter Van Hoesen qui signe justement le remix sur la face B. DJ italien, Marco Shuttle produit depuis plusieurs années et habite à Londres où il travaille également comme designer de mode. Il a monté son label en 2012 pour sortir ses propres morceaux : Eerie, « étrange », à l’image, dit-il, de sa propre musique.

   Ce matin, j’ai rendez-vous sur Skype avec Marco Shuttle pour une entretien. Un visage illuminé et deux grands immenses yeux clairs apparaissent à l’écran. Il sourit : « Oui ça va, il fait plutôt beau ici à Londres ! » Pendant une petite heure il se confie sur sa vision du son aujourd’hui, ses projets (nombreux !) et même quelques souvenirs : ottima chiacchierata !

 

Marco, ta dernière sortie est dingue ! Peux-tu nous raconter l’histoire de ce morceau ?

C’est tout une histoire oui ! « Sing Like A Bird » est construit autour d’un sample issu d’African Songbird de la chanteuse sud-africaine Bea Benjamin. Le disque, qui est magnifique du début à la fin, est ressorti sur Matsuli Records un label spécialisé en musique africaine orientée jazz. Il y avait une version a cappella et j’avais envie de jouer avec cette voix divine, la mélanger avec quelque chose de plus obscur et hypnotique. J’ai utilisé de la reverb et du delay sur la voix pour lui donner une dimension un peu plus brumeuse. J’ai alors contacté le manager de Matsuli pour “clearer” le sample et on est s’est mis d’accord sur les droits et conditions. L’année dernière j’ai joué au Labyrinth, le festival japonais : j’ai ouvert mon set avec la version a cappella et l’ai clôturé avec ma propre réinterprétation. Peter Van Hoesen est immédiatement venu me voir et m’a demandé qui avait produit ce morceau ! Au départ, je voulais le sortir sur mon label, Eerie mais en voyant l’intérêt que Peter Van Hoesen portait au morceau je me suis dit que c’était une bonne manière de célébrer ce que j’avais vécu au Labyrinth.  Peter Van Hoesen y est résident et ce festival signifiait tellement pour moi en tant que DJ que je voulais un souvenir spécial.

Connaissais-tu Peter Van Hoesen auparavant ?

Pas personnellement. Bien sûr, je le connaissais en tant qu’artiste et fondateur de Time To Express. Mais je ne l’avais jamais rencontré en personne. Peter Van Hoesen, comme tous les gens qui jouent au Labyrinth, est une personne adorable. Et c’est important pour moi, de partager ma musique avec des gens cools.

 

Dans tes mixes tu sembles puiser dans tous les genres alors que dans ta production tu as vraiment défini ta propre identité.

Merci. Oui, on me dit souvent que mes morceaux sont assez inquiétants alors que je les perçois plutôt comme chaleureux. C’est quelque chose qui est propre aux musiques électroniques, le fait de susciter des interprétations différentes et lorsque je produis tout est assez intuitif ! En revanche, je cherche vraiment à faire des morceaux longs qui emportent l’auditeur.

 

Le Resident Advisor a employé le mot « narratif » pour parler de « Sing Like A Bird », il me semble que tes morceaux cherchent aussi à créer une ambiance.

Cet adjectif « narratif » revient souvent pour parler de ma musique. J’écoute beaucoup de musiques différentes mais j’aime particulièrement cet aspect « cinématrographique » des musiques électroniques.

 

Tu as déjà eu envie de produire un album ?

En fait … oui. J’ai terminé un EP qui va sortir sur The Bunker New York et je viens de finir mon album qui devrait sortir à la fin de l’année ou en début d’année prochaine mais je ne sais pas encore sur quel label. Ce sera un album définitivement techno avec un côté très cinématographique justement.

 

Et pourquoi ne le sors-tu pas sur ton propre label ?

Ce n’est pas quelque chose que j’exclue! On verra …

 

Je pensais que tu avais monté Eerie pour sortir ta propre musique

C’est le cas ! J’avais envie de pouvoir sortir mes morceaux comme je le voulais et quand je le voulais. Quand je sors mes propres morceaux, personne ne me demande des versions plus groovy ou n’impose des délais extravagants. Les gars de Clone se sont montrés très encourageants en acceptant de prendre en charge la distribution. Et puis, après quelques EP le label a grandi et je recevais de la musique qui méritait, d’après moi, de sortir. J’avais envie de soutenir des italiens talentueux comme Antonio Marini de Healing Force Project. La prochaine sortie, qui est prévue autour de septembre, sera signée par un italien originaire de la région de Naples, Domenico Crisci. Il y aura quatre morceaux et un remix par moi-même. Ce sera une sortie très techno, avec un côté un peu Jeff Mills tandis que mon remix sera plus fidèle à mon univers, assez abstrait. Je l’ai joué à plusieurs reprises, notamment au Berghain et j’ai eu de très bons retours ! Et puis, la sortie suivante, c’est-à-dire la septième, réunira un producteur italien assez connu et moi-même. Je ne peux pas en dire plus sur cette collaboration … mais je suis assez impatient !

 

Beaucoup de noms me viennent en tête maintenant … Tu parlais de The Bunker New York un peu plus tôt, tu as également une sortie prévue chez eux ?

Oui, je sors un EP chez The Bunker New York d’ici cet été avec le morceau « Fanfara » (Cf. juno plus podcast 72). Je suis très enthousiaste car c’est un projet que j’ai vraiment envie de soutenir. Je pense que le label est associé au meilleur évènement de musique électronique underground actuellement aux États-Unis. 

 

Revenons à ton propre label, Eerie, l’année dernière tu as ressorti « The Vox Attitude » avec deux remixes mais il va falloir le represser à nouveau puisqu’il est déjà sold out !

(rires) Oui, mais même si « The Vox Attitude » est un peu mon hit, je prends pas mal de distance avec ce morceau. En fait, on m’a souvent parlé de la face B, « Spaziale », donc plutôt que la sortie sur Eerie avec les remixes de Joey Anderson et Pangaea, il faudrait represser la première version. A voir avec les gars de Färdern, mais probablement pas tout de suite.

 

J’aime beaucoup le remix de Pangaea.

Il se trouve que « The Vox attiude » a été pas mal joué dans cette scène dubstep donc je voulais demander à un des UK kids de le remixer et ça se complète plutôt bien avec la version house américaine de Joey Anderson.

 

On pourrait croire toutes ces scènes isolées en Angleterre mais, en fait, vous communiquez pas mal. Pangaea a également utilisé ton « I Wanna Dance…In Outer Space » dans son récent Fabriclive (chronique sur Midi Deux).

On ne peut pas vraiment dire que je fais partie de cette scène Dubstep mais j’aime beaucoup les productions de Kevin (Pangaea), elles ont ce côté particulièrement deep. De manière générale, en Angleterre il y a eu une incroyable énergie novatrice ces dernières années avec le son de Bristol, les gars de Hessle Audio ou encore Hyperdub.

 

En plus de Londres, tu as également vécu à Berlin et à Stockholm. Comment perçois-tu Paris ?

Je suis allé régulièrement à Paris pour mon travail. Ah et tu sais que Latency m’a récement demandé un mix pour leur show sur Rinse FR ? Pour ce qui est de la scène musicale, je connais Concrete, les soirées et le label. Je suis aussi le label Antinote et tout particulièrement Iueke. Et puis je connais Bastion, ce sont eux qui m’avaient invité au Batofar. Tu pourras les saluer de ma part ?

 

Oui, promis ! Eerie est vraiment un chouette nom de label. Pour terminer, quelle est l’expérience la plus étrange que tu aies vécu dans un club ?

Il y en a beaucoup … Je crois qu’on ressort toute sa vie en club pour vivre ces expériences étranges. Quand j’étais jeune, j’habitais sur la côte à Venise et je me souviens de cette nuit où je suis sortie dans un club appelé Housenation à Jesolo. Il y avait un mélange incroyable de gens : héteros et homos, des gens de différentes origines culturelles et sociales. J’avais eu une éducation assez traditionnelle et je sentais bien qu’il y avait quelque chose d’un peu différent et interdit dans cette ambiance et en même temps une fascinante communion !

 

NV

 

Un grand merci à Marco Shuttle d’avoir pris le temps de répondre à nos questions ! Vous pouvez écouter des extraits de « Sing Like A Bird » sur  Clone, l’essential mix de Marcel Dettmann, le mix de Marco Shuttle pour Latency ou encore le 50è Track/Narre !

Le

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