Agoria

Sebastien Devaud alias Agoria, producteur et DJ de musique électronique, a créé le label InFiné en 2006. Il a aussi été un des fondateurs du festival Les Nuits Sonores. Alors quand un des avant-gardistes de la musique électronique nous fait part de sa présence à Astropolis, on tente de caler une interview avant son DJset au club La Suite. 

Rendez-vous 22h30 à l’hôtel Vauban pour une interview avec un artiste intéressant et passionné de musique.

Je reviens de la diffusion de Berlin Calling, donc très vite fait, un mot à dire sur ce film ?

Paul est un très bon ami, il est sympa, c’est vraiment un personnage et je suis très content de l’accueil qu’a reçu Berlin Calling parce qu’il a fait pas mal de sacrifices pour ce film, je le respecte beaucoup pour ça.

En tout cas, c’était une très bonne mise en bouche pour ce soir et demain. On va commencer par parler de tes productions. J’en ai retenu 2, ton album Go Fast qui t’a révélé à un public plus large, et ta dernière compilation Balance 016 que nous avons chroniqué.


Chronique Agoria – Balance 016

Je ne sais pas si Go Fast est un disque palier de ma carrière, c’est difficile de juger. Je n’ai pas l’avis extérieur. En fait, j’ai fait 3 disques, Blossom, The Green Armchair et donc Go Fast. J’essaie de produire des disques éclectiques, de m’ouvrir à différents styles.
En ce qui concerne le Balance 014, c’est la 3e compilation que j’ai mixée après Cute & Cult et At the Controls, elle fait partit de la très bonne série initiée par le label australien EQ.

D’ailleurs, Balance 014 de Joris Voorn est une référence pour moi en terme de compilation mixée, tu ne me contrediras pas ?

Non, complètement, c’est une compilation géniale. Joris Voorn est d’ailleurs un excellent ami. Entre ces 2 compilations, il y a aussi eu celle de Will Saul qui est très réussie.

Quand tu parlais d’éclectisme, ça me fait logiquement penser à ton label, peux-tu me parler du projet InFiné ?

On est 4 à s’occuper du label, créé en 2006. Le but de notre travail est de mettre en avant des artistes et surtout en travaillant avec eux sur du long terme. C’est ce qui me plaît dans ce qu’on fait. On travaille beaucoup avec les artistes, on essaye de créer une famille autour de jeunes artistes puis on développe des projets ensemble.
Par exemple, Fransesco Tristano, membre du groupe Aufgang, qui est un super pianiste d’ailleurs, avait un projet, et Arandel s’en est insipiré pour le In D. On a poussé ce projet au mieux de ce qu’on pouvait. C’est un projet fantastique. Voilà, c’est ce qui me plaît chez InFiné. Et j’ai envie que dans 15 ans, les gens se disent “Ce qu’ils ont fait depuis 15 ans est extra”. Les labels qui me viennent à l’esprit sont WARP et Dominos par exemple. Je n’ai pas envie de faire partit d’un label qui surfe sur une vague pendant 2 ans.

Chronique Arandel – In D

Quand on regarde le Spanish Breakfast de Rone, le In D d’Arandel, le Yes Is More de Danton, l’éclectisme est réussi, mais c’est un risque que vous prenez.

On le sait que c’est un gros risque que nous prenons à chaque sortie, et je dis ça sans prétentions. Mais on marche au coup de coeur. On cultive cet éclectisme. Nous ne sommes pas riche mais on espère que plus tard on se dira qu’on a eu raison de prendre tous ces risques.

D’où te vient cette passion pour la musique ?

J’écoutais beaucoup de musique, j’ai commencé très jeune. Ma mère était soliste à l’opéra de Lyon et mon père est un mélomane averti, on écoutait de vieux disques ensemble dans le noir. C’est la raison de mon ouverture d’esprit. En tant que DJ, dans mes sets, j’essaie de mettre un regard sur différentes choses.

Quel est ton regard sur la musique d’aujourd’hui ?

J’ai l’impression que le désir a disparu. On obtient un disque en une minute, les gens désirent un album un jour ou plus, le jour suivant, quelqu’un offre autre chose. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, d’ailleurs c’est intéressant de parler de ça avec toi, sachant que tu fais un blog, vous faites combien de chroniques en moyenne ?

 

Oui je vois ce que tu veux dire, on a accès à tout en quelques clics. Avec Midi Deux, on fait environ 4 chroniques par semaine environ, mais on ne met aucun lien de téléchargement, même si on sait que si quelqu’un veut un album, il n’a pas à s’emmerder très longtemps. On met seulement des sons provenant de SoundCloud ou Youtube.

Et encore, avec SoundCloud, certains arrivent à télécharger, j’en connais dans mon entourage qui ont su le faire donc tout le monde peut se débrouiller. Les gens n’ont plus la notion d’attente. Même moi, mon désir disparait, je reçoit des disques sans cesse, je suis comblé trop vite. Je pense que l’achat va disparaître, et que le streaming va prendre le pas.

Je ne pense pas, c’est sûr qu’on ne peut pas tout acheter. Tout le monde télécharge, on achète seulement quand ça nous plaît vraiment. Mais on s’attache quand même au CD. Moi je me suis attaché aux vinyles, le fait de lâcher son ordinateur, de se poser et d’écouter un vinyle, ça change beaucoup. Mais on veut tout connaître, ne pas laisser passer une perle. Il y a tellement de sorties.

Je pense que cette opulence ne va pas rester. Dans les années qui suivent il n’y aura plus cet engouement pour ces sorties, il ne va rester que les puristes et les productions vont se restreindre.

On verra. Justement, que penses-tu des sorties du moment à part l’opulence ?

Et bien, à part l’opulence, je vais être chauvin. D’ailleurs je ne suis plus crédible à force de le dire mais j’adore tout ce qu’on sort avec InFiné. Le prochain Bachar Mar-Khalifé, qui est un chanteur libanais va sortir Oil Slick en septembre 2010. C’est un disque magique. Je n’ai pas vraiment le droit de le faire, mais je placerais facilement  ”Never To Forgive” et “Distance” dans le top 10 de l’année. Ce sont 2 tracks de l’album, vraiment superbes.

Et te concernant ?

Je viens de faire un disque qui s’appelle Grande Torino, par rapport à la ville de Turin avec laquelle j’ai beaucoup d’affections personnelles et sentimentales. C’est aussi une ville qui bouge et qui est assez excitante pour toutes ses sorties, propositions de soirées… C’est pour ça qu’il y a énormément d’artistes.
Sinon, je vais sortir un maxi, “Speechless” en octobre que j’ai réalisé avec Carl Craig, et il chante sur ce maxi. C’est en prélude de l’album que je sortirai en 2011.

Ce soir tu joues à la Suite après Dusty Kid, demain il y a aura Paul Kalkbrenner, DJ Pierre, hier il y a eu Jeff Mills, qu’est ce que t’évoques Astropolis, et la programmation de cette année?
Sans parler de la programmation, j’adore Astropolis et je suis très content d’y revenir. C’est un festival qui garde les premières valeurs de la musique, le respect et le partage. Ils ont su resté puristes malgré l’évolution et la tournure qu’a pris la musique au sein des festivals. Souvent, certains festivals se contentent de ramener 2 ou 3 artistes importants et c’est bâclé. Ici, les organisateurs s’amusent avec le public, l’ambiance est vraiment géniale.

Oui, en tant que breton, on est content d’avoir ce festival près de chez nous. Dernière question, je me souviens du DJ set avec Oxia au festival Scopitone 2009, un mot sur ce moment fabuleux?

On avait rien préparé avec Olivier, ni avec le collectif Exzyt, ça s’est fait au feeling, c’est vrai que c’était génial, très bonne ambiance, beau lieu et belle structure. J’espère une bonne ambiance pour ce soir, on se voit tout à l’heure.

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