Actress – Ghettoville [Beat Records]

Certains disques peuvent vous faire plonger, dans une profonde perplexité. Parfois merveilleuse, d’autres fois irritante. C’est quand l’une et l’autre se mélangent que l’équation se corse.

 

Ghettoville, le dernier “born and raised” de Darrenn “Actress” Cunningham est de ceux-ci. Avant de parler musique, il est impossible de ne pas évoquer le communiqué de presse laconique jeté à la surface du web peu avant la sortie de l’album. L’intéréssé y délivre une prose dépressive, définitive, annonçant la mort de l’avatar Actress.

 

« Ghettoville is the bleached out and black tinted conclusion of the Actress image. Where the demands of writing caught the artist slumped and reclined, devoid of any soul, acutely aware of the simulated prism that required breakout […] Zero satisfaction, no teeth, pseudo artists running rampant, but the path continues. R.I.P Music, 2014. »

J’arrive un peu tard après l’éloge funèbre, le corbillard a déjà tracé sa route et tout à été dit. On a encensé le génie suicidé, artiste capable d’emprisonner dans une brève série d’albums tout l’essentiel d’une scène anglaise à la fois cahotique et sûre de sa force : une fourmillière. “Ghettoville” ne déroge pas à la règle, tout y est : Techno, funk, hip-hop, electronica, dub, pop & expérimentations, enfermées à double tour dans une pièce exigüe qui se remplit d’une fumée inquiétante.

Jusqu’à la fin Actress à fait du Actress. D’autant plus que cet album sonne comme un défi, une réponse violente, mais attristée à l’encontre de ceux qui l’ont tué. Actress serait capable de fournir la même musique standardisée. Il le prouve, et offre une facilité insolente à tailler des mélodies avant de les entraver sévèrement, les briser, les asphyxier, les mettre dans le coffre et les précipiter dans le fleuve. Ghetto. Mais pas seulement, mélancolique souvent.

 

Alors, on a critiqué la prétendue posture et le coup marketing. (Est ce vraiment le dernier disque ?). La cohérence musicale affichée n’est-elle le masque narquois du manque d’inspiration ? Et la production plus fine, la marque d’une aseptisation ? Ralentir le mouvement est-ce forcément manquer de dynamisme et de mordant ?

Et peut-être que c’est juste pour nous vendre l’édition vinyle d’un CD épuisé ? (Bel objet.) Sommes-nous manipulés ? Actress reste-t-il quand même (et à la quasi-unanimité) un des producteurs les plus marquants des dix dernières années ? Et surtout, toi, qu’est ce que tu en penses ? Es-tu parcouru par le frisson que provoque la lame incandescente près de ton oreille ?

 

Pour cette fois, difficile de donner les réponses, car comme pour toute disparition, trop de questions restent en suspens.


EB

Le

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