Rone

Rone, un mec de 30 ans, qui n’aime pas trop sortir, qui veut s’isoler, boire de la Chouffe et faire de la musique, un suspecté voleur de briquet, un mec cool en somme ; une petite interview sur une table de pique nique, une super rencontre ce samedi 28 août, à l’Escalier Club dans le cadre du festival At Night, avec entre autre Agoria ( InFiné) et Jacques Renault(DFA) .
Rone, une bière préférée ?
Récemment, je me suis mis une cuite à la Chouffe.
Ça pète. Alors qu’est ce que tu es devenu un an après Spanish Breakfast ? 
En fait, je travaille déjà sur un deuxième album. Après la sortie du premier album c’est allé très vite, ça plane un peu. Très vite, ça te manque, t’as envie de t’enfermer en studio tout seul.
Toute la production, tu l’as faite tout seul, enfermé ? 
Ouais, je m’enferme tout le temps, c’est sûrement parce que je suis encore en train d’apprendre. D’ailleurs c’est pour ça que Bora a un vrai sens pour moi ; le besoin de s’isoler. Sinon on a tendance à devenir paresseux ou fêtard.
En parlant de Bora, c’est vraiment la chanson qui t’a révélé au grand public ?
Au départ, ce morceau a été entendu par 2 personnes, Ellen Allien et Agoria. Avec Agoria, on a très vite sympathisé, il a mixé Bora sur la compilation At The Controls, ça a été un lancement même si j’avais fait d’autres productions avant 2008.
Du coup, question basique, tu es venu comment à la musique ?
Je voulais toucher à tout mais j’étais mauvais partout. Et j’ai découvert les possibilités qu’offrait la musique électronique. Sinon, ce qui m’emmerdait dans l’apprentissage d’un instrument, c’était tout ce qui rejoint le conservatoire. Avec la musique électronique, il n’y a pas d’école, tu apprends tout seul.
Pour en revenir à Spanish Breakfast, comment as tu vécu le très bon accueil par la presse comme Télérama.
J’ai été touché bien sûr. Mais pour être franc, les bonnes critiques venant de Télérama, c’était surtout pour rassurer ma grand mère qui se demandait ce que je faisais. En réalité, je suis plus touché par la réaction des autres musiciens. Quand Laurent Garnier a dit du bien de mon album ou quand Massive Attack me met en lien sur sa page internet, ça fait vraiment plaisir. Mais c’est quand même génial d’avoir des critiques de la presse.
Et le nom Spanish Breakfast ?
C’est obscur, très difficile à expliquer. C’est surtout ultra personnel et très intime. Mes titres, je les choisis en fonction d’anecdotes, d’histoires de nanas et de petits déjeuners en Espagne. Par exemple, si je faisais un titre maintenant, je l’appellerais ”Interview Red Bull”. Ca vient peut être du fait que je sois seul pour la production. Mais le 2e album sera différent, je travaille avec des gens.
Concernant l’univers graphique de Spanish Breakfast, d’où vient-il ?
Alors là, je suis content que tu me poses cette question. Ce n’est pas de moi, c’est d’un très bon ami, Vladimir Mavounia-Kouka. C’est un petit génie de dessinateur et de réalisateur de vidéos. Il fait des courts métrages comme je fais de la musique. Tu peux dire qu’on est des punks de la musique et de la vidéo ; faire bien avec peu de moyens. Il a d’ailleurs remporté un prix au festival de Clermont Ferrand pour un film qu’il a réalisé tout seul. Ça fait vieux trentenaire de dire ça mais quand t’es jeune, tu peux trop te débrouiller tout seul.

Tu le connais d’où ?
On se connait depuis très longtemps. Quand j’ai commencé à faire de la musique, il commençait à faire de la vidéo. On s’est retrouvé plus tard et la connexion semblait évidente. C’est un peu comme un ascenseur, il a fait les visuels pour mon album et j’ai fait la musique pour son film qui s’appelle la Femme à Cordes et qui est d’ailleurs projeté pour la première fois ce soir à Paris.
On a souvent lu que tu avais un passé de réalisateur de vidéos toi aussi mais on n’en sait pas beaucoup plus, tu peux nous en parler ?
J’ai fait vite fait des études de cinéma.
Vite fait ?
Une fac de ciné, un truc de glandeur. Je détestais l’école mais j’ai fait des petits boulots dans le cinéma. Je me suis rendu compte que c’était une grosse machine, financement, … Ce que j’aime dans le cinéma c’est le travail collectif. Mais il me semble que la musique est une manière plus simple de s’exprimer.
D’ailleurs, re vite fait, tu m’as piqué mon briquet ?
Mais pas du tout.
Ok, tant pis. On reprend. Par rapport au fait de t’exprimer, tu es libre de faire ce que tu veux avec InFiné ?
Oui. Agoria est vraiment présent mais pas trop. Il sait te donner son opinion mais n’impose rien, ne te dirige pas.
En parlant d’InFine, il y a la sortie du Bachar Khalife bientôt, dont Agoria nous a dit beaucoup de bien ?
Je suis très content de cette sortie. On ne peut pas parler de musique électronique, c’est un ovni. De manière générale, je respecte toutes les sorties sur ce label. Récemment, InFine a eu un gros coup de foudre pour un violoncelliste, Gaspard Claus, avec qui j’ai fait un live. Il va réalisé un album sur InFine. Je ferais peut être quelques remixes.
Je vais te poser la même question que j’ai posé à Agoria. Qu’est ce que tu penses de l’abondance des sorties depuis quelques années, et qu’est ce que tu écoutes dans tout ça ?
En réalité, j’écoute pas grand chose. En phase de création, j’essaye d’écouter le moins de chose possible. J’ai joué il n’y a pas longtemps avec James Holden que j’apprécie beaucoup. J’aime ce courant, Four Tet, Caribou, Holden, je trouve ça très intéressant. J’aime bien ce que fait Tiger Sushi à Paris.
Rien à voir, mon cousin tient à te dire que le remix que tu as fait pour Sie de la track Sublime est vraiment mortel et que pour ça, t’es un bogoss.
Ahah, tu diras merci à ton cousin. Elle m’a contacté par mail, je ne l’ai jamais vu. La musique électronique offre aussi cette possibilité, on peut tout faire sans se voir. Je crois que c’est sorti sur le label Time As Changed.
Ok, reprenons, sous tes lunettes tu as vraiment l’air d’un grand rêveur. Ahah. C’est quoi en ce moment ton rêve ?
Je vais bientôt déménager, de Paris à Berlin. J’aimerais trouvé un grand appartement avec un super studio.
Tu choisis Berlin pour la musique ?
Nan, beaucoup plus pour le mode de vie. C’est vrai qu’à Berlin tu peux vite flipper, même le chauffeur de taxi est DJ le week end. C’est un piège. Tu peux vite te faire bouffer. Mais il y a toujours des types comme Clark, qui viennent d’Angleterre, qui vont vivre à Berlin et qui vont continuer de faire leur propre musique. Clark fait du Clark, j’adore Clark.
Tu parles de t’isoler pour produire ton album et tu vas t’installer à Berlin, c’est un peu paradoxal. Donc plutôt rat des villes ou rat des champs ?
J’ai besoin du stress de la ville, Berlin est hyper dynamique.
Paris aussi nan ? C’est quoi la différence pour toi ?
En fait j’ai une théorie la dessus.
LA THEORIE DE RONE
Paris et Berlin, c’est le jour et la nuit. Paris c’est ta femme. Berlin, c’est ta maîtresse. Paris c’est la femme qui perd son charme très vite. C’est la fille qui est belle d’apparence mais qui te fait chier au bout d’une demi-heure. Berlin, c’est plutôt la petite meuf pas prétentieuse qui passe devant toi et qui te fait l’effet d’une bombe. À Paris, ça coûte cher et les gens sont stressés pour ça. La nuit, les nanas sont paniquées alors qu’à Berlin, la petite meuf peut rentrer tranquille en vélo. À Paris, je sors quand il y a un pote qui joue, ou quand c’est moi qui joue. Il y a un côté défouloir, les gens sont stressés la semaine, et le week end c’est agressif. Berlin respire différemment. Votez Besancenot.
On s’est bien rendu compte de la mentalité berlinoise en rencontrant Ben Klock au Portugal, au NEOPOP festival. Un mec très sympa, et d’ailleurs Mathew Jonson aussi, on a passé de bons moments avec eux. 
J’adore Mathew Jonson, Symphony For The Apocalypse est tout simplement géniale.
D’ailleurs on te conseille de jouer au Portugal, c’est vraiment sympa. D’ailleurs peux-tu nous parler de ta venue à l’Escalier ?
Je suis hyper content. Après la sortie de l’album j’ai beaucoup tourné à Rome, en Irlande ou à Berlin, et très peu de dates en France. Je n’avais encore jamais joué en Bretagne et beaucoup de bretons me réclamaient sur MySpace, c’est donc un plaisir d’être là.
Tu vas jouer en Live ce soir. J’avais lu que tu préférais les lives aux DJset. 
C’est pas la même démarche. Le DJset semble plus facile. En live, tu joues tes propres morceaux, tu n’as pas le droit à l’erreur. Mais j’ai envie de refaire des DJset.
Une occasion pour mixer un podcast pour MIDI DEUX.
Pas de soucis.
On aura l’occasion d’en reparler. Comment sens tu ton live ce soir ?
Petit stress. C’est paradoxal mais quand je joue à l’étranger, je ne stresse pas.
Bon, tu vas jouer dans peu de temps, dernière question qu’on a oublié. Tu parlais des rencontres pour ton prochain album, peux tu nous parler de ta rencontre avec Alain Damasio ?
Je voulais faire l’adaptation de son roman pour un court métrage. Malheureusement, ce projet ne s’est pas réalisé. Mais il a beaucoup contribué à la réalisation de Bora. C’est surtout grâce à lui que ce track prend tout son sens. C’est un morceau très obscur mais tu le comprends. C’est à la fois hyper touchant et très simple. Tu rentres dans son journal intime. C’est plus un roman qu’une chanson. J’ai travaillé avec un enregistrement, ses notes pour son ouvrage. Il était isolé en Corse. Son enregistrement durait plus de 2 heures, un truc censé être entendu par personne, tu ne peux pas faire plus sincère.
On sent un peu d’émotion là.
J’adore ce mec…

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